Lettre des Voies du Bon Sens à Gérard Miquel

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« Coordination « Les Voies du Bon Sens »

Jean-Claude Tassain

Pdt de l’association pour la Sauvegarde du Patrimoine de Sarrazac

Porte-parole de VDBS

Les Joannès

46600 SARRAZAC

 

 

à            M . Gérard Miquel

Pdt du Conseil Général du Lot

Regourd

avenue de l’Europe

BP 291-46005 Cahors Cedex 9

 

 

Sarrazac, le 03/10/2012

Monsieur le Président,

 

 

Les associations qui composent la coordination « Voies du Bon Sens » ont pris bonne note de la Lettre d’information de septembre 2012, Lot-Corrèze voie d’avenir.

 

Nous vous savons gré, Monsieur le Président, d’inaugurer avec cette nouvelle Lettre un propos plus conforme à l’esprit de dialogue garant d’une véritable concertation ; gageons  que cet esprit préside désormais à nos rencontres dans le cadre de ses instances.

 

 Au préalable, permettez-nous d’abord de rappeler que nous avons été contraints d’exercer un recours en annulation devant le tribunal administratif de Toulouse de la décision du CG46 dont nous contestons les conclusions conduisant à l’émergence de deux tracés potentiels. Nous attendons cette décision  et vos nouvelles approches ne changent pas notre détermination d’aller au terme de ce contentieux.

 

Ainsi observons-nous qu’un reflet plus fidèle est donné à certains thèmes désormais défendus par la quasi-totalité des associations.

 

Vous soulignez en premier lieu l’importance du projet ferroviaire initié par la Société Andros qui mobilise tous nos suffrages. Nous en appuyons pleinement l’aboutissement rapide. Nous notons avec satisfaction la tenue de la réunion des acteurs principaux le 15 juin dernier (Etat, collectivités territoriales, organismes spécialisés, SNCF et société Andros). Il semblerait même que ce projet soit plus avancé qu’il n’est déclaré dans votre Lettre. (cf : propos tenu par M. Pépy, Président de la SNCF à Limoges le 7 septembre 2012).

 

Nous vous donnons acte également de la modification intervenue sur votre site internet « Voie d’Avenir » concernant la rubrique «  Je m’exprime »  qui désormais ne peut plus cautionner, une interprétation approximative, anonyme ou partisane des avis qu’il recueille.

 

Nous prenons note enfin qu’au regard des trois études (les déplacements, l’hydraulique, l’environnement) confiées à différents cabinets spécialisés, les positions des participants (en grande majorité les associations), soient assez fidèlement résumées.

 

Nous nous reconnaissons dans ceux qui « estiment qu’il est prioritaire d’améliorer le maillage routier existant, avant de créer une nouvelle voie, et qu’il fallait aussi soutenir le développement du réseau ferroviaire».

 

Nous nous reconnaissons aussi dans ceux qui « insistent sur la nécessité de conserver sans y créer de remblais des prairies qui permettent actuellement d’étaler les crues ». Dans ce secteur très sensible de Condat, de Cavagnac et des Quatre-Routes-du-Lot, nous nous opposerons à toute déviation, mutilante pour l’environnement et dispendieuse pour les contribuables, que l’actuelle emprise de la D720, à l’abri des crues, ne justifie pas.

 

 Les associations, dont c’est l’objet social primordial, considèrent que toute unique « Voie d’avenir » bouleverserait, par son impact sur « des enjeux écologiques forts », la riche biodiversité existante, ce que ne provoquerait pas le simple aménagement du réseau routier actuel.

 

*

 

Ce constat dont nous voulons croire qu’il n’est pas une posture circonstancielle mais une nouvelle donne n’empêche pas la coordination VDBS de vous faire connaître, Monsieur le Président, les revendications que votre Lettre appellent de la part de nos associations.

 

En premier lieu, nous nous étonnons que la réunion du 15 juin sur le fret ferroviaire  n’ait pas fait l’objet d’un partage d’informations lors de la tenue de l’atelier du 26 juin à Brive. Nous vous demandons, Monsieur le Président, de nous faire tenir à la disposition des membres de la concertation un compte rendu de cette réunion et des développements actuels.

 

Par ailleurs, nous faisons d’expresses réserves sur les chiffres qui nous sont communiqués ou fondent implicitement les études, en particulier quant à la prospective démographique et économique pour la vingtaine d’années à venir. Sur quelle banque de données s’appuie-t-on ? Ces chiffres ne pourraient-ils pas nous être expliqués ? Notamment, l’affirmation que le trafic ferroviaire se limiterait à 20% du fret  total de la société Andros.

 

Plus généralement, il serait souhaitable de porter à la connaissance du plus grand nombre la méthodologie et le détail des calculs de l’étude prospective sur les transports.

 

Dans le même souci de précision documentaire, nous aimerions connaître la teneur des appels d’offre et la réponse des soumissionnaires qui ont présidé aux recrutements des quatre cabinets d’études qui poursuivent actuellement leurs travaux.

 

 Egalement soucieux d’être pleinement informés sur un projet commun, nous vous faisons part de notre perplexité quant à la cohérence des choix entre Lot et Corrèze.

 

Nous savons qu’aux termes du cahier de gestion du site classé de Turenne (préalable à l’Opération Grand Site) il est préconisé d’aménager la D8 entre Turenne-gare et Nazareth en itinéraire touristique destiné à une découverte progressive de la Butte ; n’y a-t-il pas  contradiction des usages d’une même route ? Il semble bien que la Corrèze veuille développer la vocation touristique du sud du département. Cela renforce une nouvelle fois l’intérêt d’une utilisation plurielle des  nombreuses voies existantes. Dans cette perspective, la Corrèze a prévu la liaison entre la D921 à partir de Lanteuil (avec franchissement de la rivière et de la voie ferrée)  et le contournement nord de Brive entre Malemort et l’échangeur 49 sur l’A 20. Cette liaison est actée et  n’attend plus que son financement. Il faut savoir que des poids lourds utilisent déjà cet accès à partir de Biars vers l’A20 nord.

 

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons, Monsieur le Président, de bien vouloir prévoir sans attendre l’étape de la concertation réglementaire, l’organisation d’une nouvelle réunion publique à Vayrac par exemple afin de favoriser les échanges et informations entre la population, ses élus, les entrepreneurs, les associations et tout autre partenaire, sur les perspectives nouvelles qu’ouvre le volet ferroviaire du « désenclavement ». Peut-il y avoir à la fois « Voie d’avenir » et investissement ferroviaire dans le contexte budgétaire actuel ?

 

Il paraît fondamental qu’à l’appui d’une telle déclaration d’intention, une étude de faisabilité financière soit entreprise et communiquée. Il y va de la crédibilité des élus. Nous, nous pensons qu’il ne peut y avoir l’un et l’autre. Et qu’entre deux investissements structurels, il faut choisir celui qui est pérenne et d’ailleurs  mis en avant par les entrepreneurs.

 

Pour nous, l’investissement ferroviaire s’impose et justifie l’aménagement du maillage existant que nous défendons.

 

Souhaitant que ce courrier contribue au véritable échange que vous avez adopté, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de notre considération distinguée.

 

Le porte-parole de VDBS

Jean-Claude Tassain

 

 

 

Pour

 Les associations de la coordination Voies du Bon Sens : Défense de la vallée de la Merlette, Sauvegarde du patrimoine de Sarrazac, Sauvegarde du patrimoine de Cazillac, Hameaux de Cressensac, protection du site et des activités de Cavagnac, Terra-Salva, Turenne-Environnement, Va de l’Avant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Copie à  Monsieur Bernard Combes , Présidence de la République

            Monsieur Gérard Bonnet, Président du CG de la Corrèze

            Messieurs Malvy et Denanot,  Présidents des régions Midi-Pyrénées et Limousin

            Monsieur Guillaume Pépy, Président de la SNCF

 

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