Voie d’avenir : il est temps de faire preuve d’imagination !

Publié le par les-voies-du-bon-sens.over-blog.com

Le projet du Conseil Général du Lot semble dans une triple impasse technique, financière et politique.

Les deux tracés en compétition s’avèrent inadaptés aux besoins et aux possibilités du Lot. Pourtant, le nord du Lot a besoin de solutions ambitieuses. Elles existent et il est temps de sortir de ce choix binaire sans issue et de faire preuve de l’imagination qui nous a manqué jusqu’à présent.

 

 

Les derniers développements du débat autour des deux tracés envisagés sont révélateurs de l’impasse dans laquelle se trouve le projet. Un collectif d’élus de la région de Vayrac vient de prendre tardivement fait et cause pour le T2/T1 considérant de façon stupéfiante son impact environnemental comme secondaire. Un autre collectif situé sur le tracé nord vante à travers le T3 un tracé « intelligent ». L’association Accessible ne croit plus que la solution réside dans l’un des deux tracés et continue de souhaiter le rétablissement de la liaison ferroviaire (apparemment en déshérence) et la modernisation des routes existantes, seule capable selon elle d’améliorer rapidement sa situation. Pendant ce temps, les registres ouverts au public dans le cadre de la concertation réglementaire sont désertés, traduisant le manque d’intérêt des populations pour les deux versions du projet dont aucune ne répond à leurs attentes.

 

Dans les milieux souvent proches du CG lui même, on entend soudain des prises de positions en contradiction avec les discours convenus enregistrés au cours de la concertation. Des prises de positions qui renvoient souvent dos à dos les deux tracés.

 

Il faut dire que depuis le lancement du projet, le contexte a considérablement évolué.

 

Ainsi tout le monde s’est rendu compte qu’aucun des deux tracés ne permettrait aux poids lourds de gagner du temps. Quant aux particuliers ils se sont désintéressés de tracés qui ne les aident pas à accéder directement au centre de Brive. Les études réglementaires ont révélé la richesse des patrimoines écologiques menacés sur les deux tracés. On a aussi découvert les contraintes des normes récentes qui imposent par exemple des remblais impressionnants aux deux tracés en zones inondables. Enfin le département de la Corrèze s’est clairement désengagé financièrement du projet nord.

 

La situation financière du département s’est détériorée, comme dans les autres départements. A tel point que la Cour des Comptes Régionale vient de l’inviter à faire preuve de la plus grande vigilance sur ses dépenses. Le CG 46 a en tout cas eu besoin d’augmenter les impôts locaux 2013 de 2,5% pour faire face à ses engagements.

 

Les chiffres donnent en effet le vertige. Les évaluations des coûts des deux tracés s’élèvent respectivement à 120 millions d’euros pour le tracé nord et 55 pour le tracé sud. De l’avis même des proches du dossier elles sont largement sous estimées en les majorant d’une proportion très raisonnable de 50% généralement vérifiée dans ce type de projet, cela les porte à 180 et 80 millions d’euros.

180 M€, c’est presque trois ans d’impôts locaux. Même répartis sur 10 ans cela représenterait intérêts compris une majoration d’un tiers des impôts locaux. Pour mémoire le budget routes 2013 est de … 19 millions d’euros.

 

La situation est claire : le tracé nord que les « enclavés » jugent efficace est irréalisable : son coût est prohibitif, et son impact environnemental inacceptable. Il ne se fera pas. Reste donc le tracé sud. Lui aussi lourd en impacts environnementaux, et probablement déserté d’avance puisqu’il conduirait à une autoroute à péage au prix d’un allongement considérable des trajets actuels. Mais tentant par défaut, puisque moins cher (tout est relatif) quitte à s’avérer une saignée inutile dans des paysages également exceptionnels.

 

On mesure ici l’absurdité d’un choix à réaliser entre « deux» solutions aussi inadaptées l’une que l’autre aux besoins et aux moyens du département.

 

Nous espérons que le sens des responsabilités des élus du Conseil Général nous évitera de tomber dans ce piège.

 

Il ne s’agit pas de renoncer à l’ambition qu’ils défendent pour le nord du Lot, mais à envisager d’autres solutions.

 

L’absence de solution vient du fait que le problème est mal posé. Le sentiment général semble de plus en plus favorable à la modernisation des voies existantes, sans emprise nouvelle sur les espaces naturels qu’elles ont permis de préserver jusqu’à aujourd’hui. Une solution qui n’a jamais été vraiment étudiée. Une solution qui a fait l’objet d’exclusions étonnantes dès le début de la démarche. Ainsi la cote des Matthieux dont on découvre aujourd’hui qu’elle est finalement compatible avec les semi remorques de dernière génération, ou encore la D 921 dans le prolongement de la rocade nord de Brive jamais envisagée. Des solutions pourtant préconisées depuis le début par notre association au nom du bon sens.

 

Messieurs nos élus, sachons ensemble dépasser ce choix binaire qui ne convient plus à personne. Ouvrons les possibles et trouvons la force d’imaginer ensemble les solutions dont le nord du Lot à besoin, sans obérer son héritage ni son avenir.

 

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